1.
Prenant naissance en ce monde ;
2.
Impermanence et changement ;
3.
Pélerinage aux sites sacrés de retraite ;
4.
Où les conditions adverses deviennent des aides, et la diligence une pratique ;
5.
La pérégrination parmi les lieux retirés et les charniers ;
6.
Le retour à la Vue, coupant court aux élaborations ;
7.
Faisant bénéficier avec diligence les êtres des enseignements, selon la commande du seigneur Rang Djoung Rigpaï Dordje ;
Les parents de rimpoche eurent sept enfants - cinq garçons et deux filles -dont deux moururent précocement. Alors qu'il avait  
deux ans, son père décèda en voyage d'affaires. Suite à sa perte, la mère de la famille connut une grande détresse ; elle, et  
tous les autres enfants, paraissaient, du point de vue d'une perspective extérieure, souffrir intensément, ceci pendant un  
mois. Pourtant, l'expérience de rimpoche fut différente : il fut capable d'utiliser cette tragédie, en tant qu'une occasion  
d'intégrer tous ses ressentis, plaisants ou déplaisants, à la pratique du Chemin.Dans son autobiographie, il rapporte :
Du fait de mon très jeune âge, je n'avais pas de préconceptions solides sur ce qui s'était passé. À cause de ceci, je me  
souviens, je ne fis l'expérience d'aucune souffrance. La ferme conviction se fit jour dans mon esprit que la souffrance ne  
s'élève que parce qu'il y a pensée.
Un an plus tard, environ, la mère de rimpoche partit en un lieu très retiré, un bel isolement à un endroit connu sous le nom  
de Grotte de la cascade(6) où elle s'organisa pour la pratique de jeûne dite du "nyoung-né à mille bras". À cette époque de sa  
vie, rimpoche allait avec sa mère. Une nuit durant cette retraite rimpoche énonça le nom de son frère aîné, ajoutant : "Il est  
mort". Il fut établi par la suite que ce dernier était effectivement passé de vie à trépas à ce moment, au terme d'un voyage au  
monastère de nGor, pour y recevoir les voeux monastiques de l'ordination plénière. C'est un exemple de la manière dont  
rimpoche possédait les perceptions les plus hautes, d'une manière non obstruée, depuis son plus jeune âge.
J'avais une grande foi en la Noble Tara depuis tout jeune et m'étais engagé dans sa pratique depuis longtemps. Là, au  
milieu de l'eau, toutes pensées des trois temps s'arrêtant, je me mis à prier avec ferveur Tara. Même si je ne savais pas  
nager, la seule chose dont je me rendis ensuite compte fut que j'avais été transporté vers la rive.
Il entreprendra de pérégriner sur le mode d'une humble personne ordinaire, et, à travers ses expériences spéciales sur le  
Chemin, réunira les accumulations de mérite et de sagesse, se purifiant de ses obscurations. De cette manière, il développa  
expériences et réalisations uniques. Plus tard, rimpoche ne manqua jamais d'étendre son soutien aux pélerins ordinaires en  
Inde et au Népal, afin qu'ils puissent pratiquer un dharma authentique. Il savait leurs joies et leurs peines intimement et  
leur entreprise le touchait particulièrement. 
RImpoche offre alors ces instructions sous forme de vers:
Kye ma! Encore et encore, j'ai médité
Sur la souffrance des trois royaumes ,
L'impermanence et le changement.
Cette expérience qui fut mienne
De la souffrance du changement
Fut le premier gourou m'encourageant au dharma [...].
Torturé par les conditions adverses de la maladie,
Souffrant au point d'en mourir,
J'ai vu que seul le vrai dharma
Pouvait procurer un refuge,
Et gagnais en inspiration
Quant à m'éveiller pour le bien des êtres.
La Danse de grande félicité
Une biographie du Khenpo Tsultrim Gyamtso rimpoche
par Dzogchen Pönlop rimpoche
Vous incarnez les activités des Victorieux des trois temps
Et vous êtes la force et l’allié de ceux qui coupent le filet de l’existence cyclique.
Oh, rosaire des Karmapas venus à travers les âges,
Seigneurs des êtres et uniques amis de ceux qui aspirent à la libération,
Je vous place au-dessus de ma tête et vous fais cette offrande.
Dansant la danse vajra de l’apparence-vacuité,
Vous fendez l’azur d’un ciel sans obstacle, nature de la réalité.
Chantant des chants vajra du son-vacuité,
Vous chassez l’obscurcissement des esprits des êtres fortunés.
Votre esprit de béatitude vajra et vacuité,
Invoque l’énergie de grande sagesse.
Yogi sans peur pour qui toutes les pensées se libèrent d’elles-mêmes,
Dechen Rangdrol, s’il vous plait, apparaissez du centre de mon cœur.
Namo!
Vous les trois joyaux, les trois racines, et les déités infinies,
Je vous tiendrais pour les refuges suprêmes dès aujourd'hui jusqu'à éveil.
Je vais maintenant faire la louange seulement des qualités
De ce lieu d'Akanishta, site sacré de l'esprit.

Du seigneur Dusoum Khyennpa
A Rigpai Dordje, le refuge sans leurre,
Ce suprême et glorieux site de l'esprit éveillé,
Akanishta, a été béni par les seize karmapas successifs.

Les rochers, ici, pourraient apparaître d'une matière solide,
Mais ils ne seraient que les sous-produits de pensées dualistes:
En réalité, ils sont l'apparence-vacuité, un mandala de déités.
Quand leur certitude de ceci sera devenue stable,
Tous ceux qui pratiquent ici
Parachèveront sans exception
Les excellentes qualités des terres et des chemins
Du grand secret, le vajrayana -
De cela, j'ai acquis la certitude.

Aussi, tous les karmapas
Assurément mettront en mouvement la roue du dharma en ce lieu.
Puissent les failles qui fendent ces rochers
Se remplir de disciples des enseignements du Karmapa!

Tels des abeilles dans un jardin de fleurs,
Puissent les croyants, hommes et femmes, de ce monde
Pérégriner parmi ces retraites, loin de tout.
Puisse leur renommée remplir le monde,
Et puissent les cœurs fidèles resplendir de lumière!
La première fois que je rencontrais le gourou, il était en train de lire l'histoire de Machik Labdreun (15). précisément, il en
était au passage qui nous dit comment, à sa naissance, Matchik, lévitant de trente centimètres au dessus du sol, y demeura
en posture de danse, ses trois yeux fixant l'espace. A ce moment, le regard du gourou et le mien se rencontrèrent. Le
gourou me dit que c'était une coincidence auspicieuse.
Une fois, j'interrogeais le gourou sur son expérience de pèlerinage en prosternation complète. Au début, me dit-il, c'était très
difficile. S'écraser sur un sol bosselé, avec des pierres, vous moulait complètement. D'une façon ou d'une autre, une fois
que l'on s'était habitué, continua-il, il n'y avait plus de problèmes du tout. Et, totalement acclimaté, on aurait dit que le corps
avait parachevé son plein potentiel de souplesse: il renvoyait une impression plaisante de légèreté ; l'esprit dans cet état de
flexibilité nouvellement acquise, libéré de toute torpeur et agitation, se retrouvait doté d'une grande clarté, disait-il encore.
Cette clarté surhaussée de l'esprit, à certains moments, toucha à un tel niveau que le gourou se crût sur le point de réaliser
les pouvoirs cognitifs les plus élevés. Cependant, se remémorant encore et encore les profondes instructions de son gourou,
il continua d'aller de l'avant, libre de tout attachement ou soupçon d'ambition, jusqu'à la complétion du résultat.
Quand on pratique seul dans les grottes, la lecture encore et toujours de l'histoire de vie de Milarépa et ses chants de
réalisation est importante...
Me languissant de rencontrer le glorieux Karmapa, l'incarnation de l'activité éveillée de tous les victorieux, et nourissant
l'envie de recevoir de Drupön Tenzin rimpoche les profondes instructions orales des six dharmas, je me mis en route,
solitaire, tel l'assoiffé à la recherche d'une source.
Plus tard, rimpoche se rendit au grand champ charnier de Tsurphu, où il pratiqua à l'endroit puis en sens inversé la  
méditation sur les douze connections interdépendantes. Il visita ensuite la grotte de pratique du IXème Karmapa, la Grotte  
de Kyimo (24), celle du seigneur Repa chenpo (25) où il médita, et d'autres sites, où dans chacun il médita.  
Une grande inspiration se développa en lui, celle de faire requête des instructions de pointage du Mahamudra auprès du  
glorieux seigneur vainqueur, le Karmapa Rangjung Rigpaï Dordje. Il demanda un audience par le canal d'un de ses  
attendants personnels et fut immédiatement introduit dans la présence du Karmapa.
Déjà, à cette époque j'avais la conviction ferme que ce n'est pas la coiffe qui bénit le Karmapa, mais le Karmapa qui bénit la  
coiffe. Aussi je faisais mentalement la requête des initiations du corps, de la parole et de l'esprit du gourou, et imaginait avec  
confiance que je recevais les initiations du corps éveillé, de la parole éveillée et de l'esprit éveillée. En général, la précieuse  
coiffe qui libère par sa vue est une chose merveilleuse ; ce n'est cependant qu'un exemple de la sagesse spontanément  
manifestée du Karmapa. J'avais confiance en ce que la vraie 'coiffe' de sagesse du Karmapa demeure inséparable des  
émanations sucessives du Karmapa et ai apprécié [depuis] la bonne fortune qui était mienne d'être capable de cette  
confiance.
Rimpoche ajouta:
Réfléchissant sur les excellentes qualités de ce lieu d'Akanishta, un suprême lieu sacré de l'esprit éveillé, je posais ces mots  
sur une mélodie et m'appliquais avec diligence au gourou-yoga du glorieux Karmapa.
Après quoi, il repartit seul pour une retraite stricte solitaire dans une grotte isolée appelée Drolma, site sacré béni par le siddha Nyemowa (33). En 1959, un changement d’époque souffla sur le Tibet. Cette année-là, rimpoche sortit de retraite et avec l’aide de ses nonnes disciples, ils traversèrent le Bhoutan jusqu’en Inde, où ils arrivèrent en tant que réfugiés. (27).
À la fin de ses études, il passa un examen oral, un débat devant une assemblée de plusieurs milliers d’abbés, tulkus, lamas et moines des quatre ordres majeurs du bouddhisme tibétain. Le rassemblement était présidé par Sa Sainteté le Dalaï Lama. Après l’examen, il obtint le degré de Guéshé Lharampa. Rimpoche devint un objet de louange et de respect pour son talent dans les débats de logique, pour l’acuité de ses connaissances et de sa sagesse.
Sa renommée se répandit réellement dans toutes les directions.
Rimpoche retourna ensuite en la présence du suprême XVIème Victorieux et de Drupön Tenzinn rimpoche, recevant davantage d’instructions expérientielles et offrant ses réalisations. Il reçut également les initiations, instructions et lectures-transmissions de textes pour le grand Rinchen Terdzö ( Trésor de précieux terma) du maître du refuge, Dilgo Khyentse rimpoche. En particulier, il reçut les instructions complètes de guidance pour le Lamrim Yeshe Nyingpo (Étapes du chemin de sagesse essentielle) et autres textes clés.
En bref, durant cette période, rimpoche trancha complètement toutes les fabrications conceptuelles par l’écoute, la contemplation et la méditation des vue profonde, méditation et conduite de tous les niveaux. À l’âge de 31 ans, le maître gourou était honoré par le XVIème suprême Vainqueur, le maître Rangjung Rigpe Dorje, qui le nommait abbé (khenpo) de la glorieuse et inégalée lignée kagyü.
7 Faisant bénéficier avec diligence les êtres des enseignements, selon la commande du seigneur Rangjung Rigpaï Dordje ;
.
Durant son séjour en Amérique du Nord, rimpoche rencontra Chögyam Trungpa rimpoche et ils discutèrent de la diffusion et de la propagation des enseignements du Bouddha en Occident. Le corps des étudiants d’Amérique du Nord de rimpoche devint illimité, incluant beaucoup de traducteurs actuels. En 1994, il créa la branche américaine de la Fondation Marpa. Rimpoche voyagea également en Asie du Sud-est, dans des pays tels que Taiwan, où il donna des enseignements sur les trois véhicules. En particulier, il répandit une pluie de nectar du dharma authentique du mantra secret Vajrayana, par laquelle il fit pleinement murir des disciples fortunés. En Taiwan, il établit un centre du dharma appelé Zabsang Shedrub ainsi que d’autres branches de la Fondation Marpa. Il établit également des centres de pratique Zabsang Shedrub en Malaisie et à Singapour. Dans le cadre de ces activités, il propagea les enseignements de la pratique de la lignée dans toutes les directions. Tout au long de cette période, rimpoche continua de tourner la roue du Dharma en Inde, au Bhoutan et au Népal. Au Bhoutan, il fit construire trois centres de retraite dans la région de la résidence royale de Kunga Rabten : le premier en 1988 appelé Drolma Chöling, le second en 1998 appelé Ngönga Chöling et le dernier en 2001 appelé Kunzang Ngayab Chöling. Ayant établi ces centres, bénis par la représentation des Trois Joyaux, il guida les nonnes qui pratiquaient en ces lieux. Jusqu’à ce jour, elles continuent de pratiquer et de recevoir les instructions de rimpoche pour les préliminaires, la méditation et la récitation de «L’accomplissement du royaume de grande félicité », incluant sa pratique de Phowa, du Soutra du Coeur, Chö, Könchok Chidü, et autres méthodes du Mahāmudrā et de Dzogchen. Les nonnes s’appliquent à ces pratiques de manière ininterrompue.
En 1983, près du stoupa de Jarung Khashor à Boudhanath, au Népal, rimpoche commença à donner des séances d’enseignements aux étudiants internationaux, privilégiant la langue tibétaine et les textes des s
ūtra, des mantra et de logique. En 1986, il fonda l’Institut Marpa pour Traducteurs et le Comité Marpa de Traduction. En plus de cela, à l’école de traduction, il conféra des enseignements rares et profonds à certains groupes de ses étudiants les plus avancés et les plus proches, dirigés par quelques-uns des tulkus les plus doués. Dans ces audiences, il a enseigné dans un style de transmission expérientielle, le Mahāmudrā, le sens profond et définitif, la Profonde réalité intérieure, les six branches du yoga de Kalachakra Tantra, les Six dharmas de Naropa et autres instructions de la voie de la libération et de la méthode. Il transmit pleinement ces enseignements dans leurs formes les plus développées et complètes, proposant des interviews dans lesquels les étudiants pouvaient offrir leurs réalisations, donnant des instructions pour les stades de progression, et ainsi de suite.

En l’an 2000, rimpoche établit le centre de retraite de Yolmo Gangra au Népal, à Dhag Puk Senge Dzong, la « Grotte du tigre, forteresse du lion», site où avait pratiqué Milarépa. En ce lieu et depuis ce temps, les nonnes et les disciples internationaux de rimpoche se sont engagés dans les pratiques de
Mahāmudrā et autres. En 2006, près de la Stoupa de Jarung Khashor à Bodhanath, rimpoche mis en place la nonnerie de Tek Chok Ling, ornementée des représentations des Trois Joyaux, pour les disciples femmes monastiques qui s’y appliquent avec joie et enthousiasme à l’écoute, à la contemplation du dharma et à la méditation, se réglant précisément sur la manière dont le gourou les avait guidées. En résumé de tout ce qui précède, le gourou a été un détenteur exemplaire des enseignements du Vainqueur en incarnant l’union de la pratique et des études. Il s’est engagé dans de vastes explications, débats et compositions basés sur les traditions scripturales générales des sūtra et des mantra. Il a maintenu la tradition de la transmission d’expérience directe dans la pratique et donné d’infinies instructions orales. De cette façon, il a établi un nombre illimité de disciples fortunés sur le chemin de la maturation et de la libération. Pour parler davantage de ses activités sublimes, rimpoche a toujours accordé une grande importance aux chants de réalisation de Milarépa, comme ceux que l’on trouve dans les « Cent milles chants » ainsi que ceux de tous les ancêtres siddha des écoles anciennes et nouvelles. Suivant leur exemple, il a aussi composé d’innombrables doha vajra qui élucident leur intention et d’autres, qui, indépendamment, communiquent les instructions orales. Il a revitalisé la tradition de la pratique Karma Nyingtik reliée au troisième Karmapa, Rangjung Dorje, soit « L’essence du cœur du Karmapa », et a donné ses instructions expérientielles essentielles. À ce jour, les étudiants fortunés d’Orient et d’Occident continuent de se rassembler pour pratiquer et jouir des fruits de ses contributions les plus uniques : ses supplications, ses chants, ses danses vajra d’Arya Tara racontant son origine et les exercices yogiques du « Lujong, entrainement et purification du corps », système spécial qui concilie les voies de la libération et de la méthode, jailli de l’étendue de sagesse du propre esprit du gourou.
Il composa la « Sadhana du
Mahāmudrā, la joyeuse danse de l’amŕta de grande félicité », sadhana extrêmement profonde et sublime sur les instructions du Mahāmudrā de claire lumière, qu’il prononça spontanément et qu’il a accompagné de son propre commentaire.
Il permit à ses étudiants du monde entier de chanter les chants de réalisation mentionnés ci-dessus sur des mélodies et des adaptations nouvelles, dans la grande variété de leurs langues : français, tibétain, anglais, chinois, etc.
Poursuivant leur expérience par l’écoute, la contemplation et la méditation, ses étudiants étaient encouragés à accompagner ces chansons de danses vajra. Par ces moyens, avec grande bonté, rimpoche incarna et continue d’incarner parfaitement les exemples de la vie des grands ancêtres de la Lignée de pratique.

Cette histoire de vie extérieure, racontée dans la perspective des apparences ordinaires de mon glorieux gourou Khenchen Vajradhara, Dechen Rangdrol, s’appuie en premier chef sur sa grande autobiographie et fut complétée par des discussions avec quelques-unes des nonnes les plus âgées, les premières disciples du gourou et quelques-uns des plus anciens
étudiants d’Occident du gourou. Elle a été écrite en accord avec la volonté du maître des Vainqueurs. Par la puissance de cela, puissions-nous, autrui et moi, tous les étudiants du gourou, voir les graines de notre dévotion et les trois sortes de foi se
développer de plus en plus, jusqu’à obtenir la qualification de détenteur des expérience et réalisation du seigneur gourou. En particulier puisse ce projet être la cause de la longueur et de la stabilité supérieure des vies du glorieux maitre Vainqueur, Karmapa Ogyen Drodul Trinley Dorje, et du suprême gourou Khenchen Vajradhara ; que leurs activités éveillées se répandent à travers l’étendue de l’espace !
Le jour suivant, la fratrie se trouva réunie au monastère de Tshetang, et, à partir de là, visita tous les sites sacrés du  
Yarlung. Encore une fois, franchissant les passes de Khyak et Gökar, et ainsi de suite, par la route du nord, ils s'en  
retournèrent tranquillement chez eux.  
Bref, [même à un âge plus avancé] rimpoche sans faire sien le style d'aujourd'hui de grands enseignants, de personnages  
importants, qui voient dans les pèlerinages une sorte de dérivatif agréable, marchera sur les traces de ceux dotés de grandes  
fortune [karmique] et foi, prêts à des épreuves majeures afin de pratiquer un dharma authentique.
Avert.:.Vous avez accès aux notes en simple mode lecture à la fin du texte.
Plus rapidement, vous pouvez utiliser des hyperliens -signalés par la couleur rouge du mot- en passant la souris sur celui-ci (mouseover). Cependant ceci ne s'applique pas aux notes 1, 36, 39 cliquables -indiqué par le mot click à côté du mot- car contenant des URL, ou assez longue dans le cas de la très intéressante note 39 ----  NB/EL
Ils furent les premiers disciples occidentaux de rimpoche.
Alors qu’il demeurait en Europe, le gourou posa une question à Sa Sainteté le XVIème Karmapa : « La première école de traduction Nyingma possède les «Treize grands textes (36)(click)», la glorieuse école Sakya a les « Dix-huit textes de grande renommée (37) », et les Riwo Gedenpas, l’école Geluk les « Cinq volumes canoniques (38) », etc. Quels sont les textes d"une importance spécifique à la tradition Kagyü? ". La réponse du Karmapa arriva, épistolaire. Elle stipulait : « Pour les Kagyü, il y a huit grands textes des
sūtra et des tantra (39)(click) ». A l'instar d'une lettre descendue directement sur le sommet de sa tête, rimpoche prit ce conseil du Karmapa avec grand respect et commença à mettre l’accent sur ces textes des sūtra et des tantra dans ses enseignements. Il compléta ceci avec des prières d'aspiration pour que que l'actitivé bouddhiste des dharmas généraux scriptural et de réalisation et, en particulier, pour que la lignée inégalée des Dhagpo Kagyü se propagent aux confins de l’espace.
En 1978, rimpoche établit le shedra de Kagyü Thegchen en Europe, et après cela, créa la Fondation Marpa d’Europe.
À partir de 1982, en accord avec les vœux du seizième Karmapa, il prit le rôle d’abbé à l’institut Karma Shri Nalanda pour les études bouddhistes supérieures du siège du Karmapa au monastère de Rumtek. Il donna à de nombreux khenpos, tulkus, et moines des enseignements sur les grands textes. Dans le contexte des engagements séquentiels dans les véhicules du bouddha-dharma, il les guida extensivement au travers des stades méditatifs de śamatha, de vipaśyana, etc. Il composa également des textes sur les topiques de shedra essentiels dans l'approche unique de la lignée Kagyü : l'introduction aux termes de logique, les classifications de l’esprit et les classifications des raisonnements ainsi que des analyses critiques de ces deux derniers. Ces textes sont des compositions de rimpoche, et résument précisément le sens intentionnl de « L’Océan des textes de raisonnement » du septième Karmapa, Chödrak Gyamtso et du « Trésor de la connaissance » de Jamgön Kongtrul Lodrö Thaye. Ils devinrent la seule ressource retenue pour les études des shedras kagyüs et les institutions et organisations internationales du dharma.
Enfin rimpoche parvint aux États-Unis, au Canada et autres pays des Amériques. Sans détour, il enseigna le dharma des
sūtra et des mantra aux étudiants fidèles qui se trouvaient au siège kagyü connu sous le nom de Karma Triyana Dharmachakra, dans les centres Vajradhatu, centres inspirés par le vénérable Kalu rimpoche, et à de nombreux autres groupes et organisations. En particulier, avec beaucoup de bienveillance, il donna les instructions essentielles du Mahāmudrā et de Dzogchen et guida les étudiants dans leur méditation ; il continue aujourd’hui de guider nombre de ces étudiants.
En accord avec les commandements du seizième grand et suprême Vainqueur qui avait demandé à rimpoche d’aller en Occident afin de mener à bien les activités éveillées au bénéfice des enseignements et des êtres, rimpoche partit pour l’Europe en 1977 en commençant par Dhakpo Kagyü Ling, siège européen de la lignée Kagyü,situé en France. En ce temps-là, Nyoshul Khen rimpoche (35) était également dans la région. Les deux maitres discutèrent de leurs expériences et réalisations des Voie du Milieu, Mahāmudrā et Dzogchen, et trouvèrent que leurs expériences concordaient très harmonieusement. Après cela, rimpoche voyagea en Angleterre, Allemagne, Belgique, Grèce et dans d’autres pays européens, enseignant la langue tibétaine et tournant largement la roue du dharma des sūtra et tantra. De nombreux étudiants européens devinrent traducteurs et se livrèrent sous sa directive à des études approfondies des sūtra et des tantra.
 
 
 
La région était nommée ainsi car, durant l'époque de Tishrî Repa Karpo(2), et consorts, les enseignements de la lignée de  
pratique y avaient fleuri incroyablement. Même les chefs de famille -hommes et femmes- se consacraient à la méditation,   
recevant de profondes instructions. Son lieu de naissance, précisément, était à un point central de Nangchen, appelé Traripu
(3). Le père de rimpoche était Namgyal Phuntsok, un descendant du Gabu Drechung (4) ; sa mère Mańi Wangmo. À sa  
naissance, on donna à rimpoche le nom de Sherab Lodreu (5)..
A ce point, la grande autobiographie nous enseigne :
À dix-neuf ans, rimpoche eut à souffrir d'un maladie sévère. Il dit, dans son autobiographie, que c'est la première fois qu'il eut  
à ressentir la peur de mourir, et rappelle comment il parvint à voir une circonstance négative - le déséquilibre des éléments  
que la maladie génèrait - comme un ami spirituel.
Cette peur instiguée par l'impermanence fut la cause chez moi d'une réflexion plus profonde sur celle-ci même. Elle m'aida à  
comprendre que les projets centrés sur cette durée de vie seule n'ont pas de vrai sens. Encore et toujours, cette pensée se  
levait en moi : 'Si je réchappe à cette maladie, j'accomplirais le vrai dharma'. Je me faisais sans cesse ce genre de promesse.  
La maladie comportait une gorge enflée. À la fin, du pus commença à s'écouler de mon cou et je me rétablissais rapidement.  
Je revins à mon état de bonne santé précédent, fermement convaincu que je pratiquerais le dharma.
Rimpoche était conscient que, pour pratiquer le dharma correctement, il aurait besoin de se relier à un maître, un ami  
spirituel. Il commenca par voyager à Dzongsar, en Dege, où il rencontra Jamyang Tcheukyi Lodreu (10).
Il en reçut dans toutes ses phases la grande initiation du glorieux Hevajra, le yidam principal de la tradition exaltée des  
Sakyas. De la transmission en deux volets, selon la tradition Lam Dre (Le Chemin et son fruit), de L'Explication pour  
l'assemblée, et L'Explication pour les disciples, rimpoche reçut la transmission de L'Explication pour les disciples conjointement à  
la transmission de personne à personne de ses profonds symboles. Il reçut aussi les pratiques extérieures et intérieures de  
Virupa, les pratiques extérieures et intérieures du Chemin profond, la pratique de Vajrayogini Naro Khechari, et d'autres  
transmissions.
A la même époque, Deshung rimpoche (11), un maître accompli et érudit, qui avait reçu L'Explication pour les disciples cinq fois,  
était au service de Tcheukyi Lodreu rimpoche en tant que Kyorpön (assistant enseignant senior). De celui-là, rimpoche en  
obtint l'intégralité des exercices yogiques des canaux et des souffles (rtsa lung) ; et  aussi les transmissions par lecture des  
travaux complets des Cinq Ancêtres sakyas.(12)
Alors qu'il était kyorpön, il m'instruisit de la transmission des canaux et des souffles qui existe dans la lignée Kagyu.
Simultanément, il me conta les histoires de vie de plusieurs siddhas Kagyus.Tout en recevant des enseignements de la
lignée Sakya, ma foi en le dharma kagyu s'accrût.
Après quoi, Lama Zopa Tarchinn servit comme maître de rituel (dordje lopön) pendant trois ans. Au terme de ses  
engagements, Lama Zotar (=Zopa Tarchinn) fit le voeu de pratiquer, l'esprit fixé sur un seul point, dans la grotte d'une vallée  
où il n'y aurait aucun être humain. Fuyant le confort de ses quartiers ordinaires, il voyagea jusqu'à Khampe Dordje Drak,  
une grotte de pratique à environ une demi-journée du monastère de Dilyak. En ce lieu, Lama Zotar entreprit l'ascèse  
exhaustive d'une pratique du dharma, laissant partir à vau-l'eau toute considération pour les plaisirs de cette vie présente.
Le nom de Droupön Tenzinn Rimpoche (18) revenait souvent dans les propos de Lama Zotar, qui disait que celui-ci détenait la  
transmission des Six Yogas de Naropa, la Voie de la méthode (19). Rimpoche en vint donc à nourrir le désir de rencontrer  
Droupön Tenzinn rimpoche pour recevoir de celui-ci les enseignements sur ces Six Dharmas.
Avant que sa période d'entraînement avec Lama Zotar ne soit considérée terminée, rimpoche reçut encore les initiations sur  
la profonde pratique de Tchö, - la Coupure-, de celui-ci, ainsi que les instructions sur ses visualisations, etc. sur le mode  
d'instructions personnelles, directes, sans dépendre des textes. Rimpoche pratiqua alors sans faillir chaque soir Tchö.
Sur un mode similaire à cellui dont Milarépa avait rencontré la première fois Marpa, les conditions auspicieuses préludant au  
premier contact entre gourou et disciple s'étaient combinées excellemment.  
[...]
Le vénérable Lama Zopa commença d'abord par être moine au glorieux monastère de Dilyak (16). Plus tard, il accomplit la  
traditionnelle retraite de pratique intensive en trois ans. Il fit aussi un pèlerinage en prosternation complète (17) du Kham à  
Lhasa, durant lequel des expériences et des réalisations spéciales se firent jour en son esprit.  
L'autobiographie dit :
Rimoche s'étendra par la suite sur l'impact que l'étude des logique et épistémologie bouddhistes eut sur sa pratique de la  
méditation ; comment la voie des arguments logiques était venue en soutien des pratiques de méditation  précédemment  
reçues, elles, sur la base des instructions cruciales ; comment ceci avait augmenté sa confiance en le Chemin, laquelle avait  
été surtout enracinée, auparavant, dans sa foi seule. S'il avait d'abord médité sur l'absence d'un soi et le défaut d'existence  
réelle,  à travers les instructions orales du gourou, désormais, grâce à son étude de la cognition valide, sa certitude en  
l'abscence de soi et la vacuité ne cessait de croître, tandis que d'autres excellentes expériences s'élevaient dans le courant  
de son être. De cette façon, non seulement il prenait plus de plaisir à l'étude de la cognition valide, mais son inspiration pour  
pratiquer s'était intensifiée.
Suivant l'injonction de Lama Zopa Tarchinn, rimpoche alla à Lawa Droup Pouk, une cave de pratique proche de son lieu de  
naissance. On la connaît comme celle du siddha Lawapa (20), dont on dit qu'il y vola miraculeusement depuis l'Inde, pour s'y  
appliquer à sa pratique méditative. Dans cette cavité très isolée, plaisemment située, pendant la journée rimpoche pratiquait  
surtout le gourou-yoga de Padmasambhava, et [la lecture de] la vie de Milarépa, et il accomplissait avec diligence, la nuit  
durant, la pratique de Tchö.  
L'autobiographie dit :
Ce fut la première expérience de pratique solitaire dans une cave de mon gourou.
Une nuit durant la même retraite, rimpoche rêva. Un corbeau lui dérobait son coeur, et prenait la fuite le long d'une grande  
rivière qui coulait d'ouest en est. Non loin de la grotte où pratiquait rimpoche vivait un maître nommé Lama Rabdjor (21). Il  
était réputé possèder les pouvoir cognitifs les plus hauts, sous une forme inobstruée. Rimpoche alla le voir pour lui raconter  
son rêve, et lui parler de son attirance générale pour un voyage à Tsurphu. En réponse, le lama donna à rimpoche l'initiation  
de Vajrakilaya du cycle Sangtik (22), accompagnée de la prophétie que rimpoche allait se rendre au Tibet central.  
Après cela, rimpoche pratiqua Vajrakilaya dans la grotte de retraite de Lawa, fit des offrandes, récita des prières d'aspiration  
puis se mit en route pour le Tibet central.  
L'autobiographie dit :
En chemin, rimpoche s'arrêta à divers sites de pèlerinages, faisant des prières d'aspiration pour que les enseignements de  
Bouddha fleurissent en s'étendant, et que les êtres en nombre illimité connaîssentt un jour joie et bonheur.
Il arriva enfin en bonne santé au glorieux Tsurphu Tölung (23), lieu béni depuis Dusoum Khyennpa jusqu'au XVIème  
Karmapa. On considère Tsurphu comme le suprême site sacré de l'esprit de Chakrasamvara. Pour en faire la louange, il  
chanta ce chant de vajra :
Ensuite rimpoche reçut les profondes instructions de Chü Len (26) - l'Extraction de la vitalité de l'espace -, les pratiqua dans  
la grotte du seigneur Repa Chenpo. Pendant qu'il était en retraite, Drupön Tenzinn le soutint avec une grande bonté aimante.  
Les deux sœurs de Drupön Tenzinn, qui vivaient à Tsurphu, le soutenaient aussi, et servant d'attendantes de retraite de  
rimpoche, lui fournissaient provision, etc.  
Après avoir poursuivi sa pratique pour un certain temps, il offrit sa réalisation à Drupön Tenzinn et ils engagèrent un  
dialogue. Ceci contribua beaucoup à développer la perspective de rimpoche, embelissant son sens de la foi, du respect et de  
l'appréciation du gourou. Il chanta ce chant de joie.
Finalement, après que les nonnes l’eurent supplié à multiples reprises de les accepter comme étudiantes, il acquiesça, se rendit au monastère et leur octroya les enseignements des préliminaires du Mahamoudra, la sadhana intitulée «L’accomplissement du royaume de grande félicité (29)» et d’autres dharmas.
Après cela, rimpoche se rendit aux grottes où avait pratiqué Berotsana, le Roi des traducteurs, et à celle de Kugom Chökyi Senge (30), le disciple de cœur de Machik Labdrön. Une foi intense surgit dans l’esprit de rimpoche et il émit des chants d'invocations tel que le suivant :
À la suite de cela, rimpoche pratiqua dans deux grands sites sacrés de Yeshe Tsogyal : les grottes de Jomo Kharak et de Jomo Drösa. De nouveau, il retourna au monastère de Jindo à Nyemo et fit ses derniers préparatifs pour partir en Inde. Les nonnes firent plusieurs requêtes afin d’accompagner rimpoche dans son pèlerinage et, finalement, il leur en accorda la permission. Ainsi,l’année du deux-mille cinq centième anniversaire de la mort du Bouddha -selon l’école Theravada-, rimpoche et sa suite se rendirent aux Quatre Grands Lieux sacrés(32) et autres destinations de pèlerinage. Les nonnes (aujourd’hui assez âgées) qui voyageaient avec rimpoche en ce temps-là ont partagé verbalement de nombreux récits et faits miraculeux qui se sont produits durant leur pèlerinage. Afin de ne pas rendre trop long le présent ouvrage, je n’écrirai pas davantage sur ce sujet. Enfin, rimpoche et sa suite retournèrent en sécurité et en bonne santé à Nyemo.
Durant les neuf années qui suivirent, à Buxa Duar, en Inde, rimpoche à nouveau se plongea dans les études de la vue, continua d’écouter, de contempler et de méditer sur ce qu’il avait fait précédemment. Il étudia les textes traditionnels de la lignée Kagyü, incluant les trois topiques tantriques, à savoir le « Traité de la nature de Bouddha », le « Tantra Hevajra », la « Réalité intérieure profonde » et les topiques des cinq sūtra (34). Il étudia aussi extensivement les textes canoniques de traditions sakya, gelouk, et nyngma en sūtra, tantra, et logique.
6 Le retour à la Vue, coupant court aux élaborations ;
Notes
Pour une lecture plus tranquille, retrouvez ici les notes en mode classique.
La présente biographie a été écrite par un des disciples de ce maître qui a été soutenu par les trois bontés du gourou, celui appelé Dzogchen Pönlop, autrement connu sous le nom de Karma Sungrap Ngedön Tenpay Gyaltsen. Elle a été complétée à Nalanda West (Seattle, Washington) en l’année 2553 du calendrier bouddhiste. Puisse cela être vertueux ! Sarva Mangalam!
Traduit sous la direction de Dzogchen Pönlop rimpoche, avec l’aide d’Acharya Tashi Wangchuk, par Tyler Dewar de Nitartha Translation Network, 2010, Seattle, É.-U.
Traduit en français par Nicole Berbier en 2016, à Sahlé O Ling, Ste-Sophie-de-Lévrard,Québec, révisé et édité par Etienne Loyon à Boudhanath (
बौद्धनाथ), Népal en 2017.
1 « Gomde » (sGom sde) signifie « communauté de méditants » ; « Nangchen » (Nang chen) est le nom propre de la place.
Nangchen, dans le Kham, au Tibet, est localisé actuellement dans la Préfecture Autonomne Tibétaine de Yushu qui se situe
dans la province de Qinghai, Chine. La localisation de Nangchen est visible sur Google Maps : http://bit.ly/nangchen
2 Ti shr’i ras pa dkar po.
3 Khra ris phu.
4 ga bu sbra chung.
5 shes rab blo gros, « prājña+intelligence". Une traduction qu'affectionne les traducteurs américains pour prājña: precise
knowledge, connaissance précise ».
6 chu ’bab phug.
7 byang rta rna mgon, monastère de la lignée Yelpa (Yel pa) Kagyü aussi affilié au monastère de Tsurphu, siège principal de la
lignée Karma Kagyü (Tibetan Buddhist Resource Center, G2628).
8 sangs rgyas yel pa, 1134-1194, aussi connu sous le nom de Yelpa Yeshe Tsek (Yel pa ye shes brtsegs), composa de nombreuses
oeuvres, principalement des chants de réalisation et des suppliques (Tibetan Buddhist Resource Center, P5132).
9 Thadul est un site historique majeur dans le sud du Tibet. Il a été construit par le roi tibétain Songtsen Gampo au VIIe
siècle comme l’un des quatre « temples frontaliers » (mtha’ ’dul gyi gtsug lag khang bzhi ) afin de soumettre les forces
malveillantes du Tibet de cette époque (The Great Tibetan-Chinese Dictionary).
10 Jamyang Khyentse Chökyi Lodrö (’Jam dbyangs mkhyen brtse chos kyi blo gros), aussi connu sous le nom de Dzongsar (rdzong
gsar) Khyentse Chökyi Lodrö, était un maître renommé de la tradition tibétaine Rimé (ris med).
11 sDe gzhung rin po ché, 1906-1987. Voir David P. Jackson : A Saint in Seattle (Wisdom Publications, 2003).
12 Les cinq ancêtres Sakya (Sa skya gong ma lnga) étaient Sachen Kunga Nyingpo (Sa chen kun dga’ snying po, 1092-1158), Sönam
Tsemo (bSod nams rtse mo, 1142-1182), Drakpa Gyaltsen (Grags pa rgyal mtshan, 1147- 1216), Sakya Paṇḍita (Sa skya paN Di ta,
1182-1251) et Chögyal Pakpa (Chos rgyal ’phags pa, 1235-1280).
13 bzod pa mthar phyin.
14 khams pad rdo rje brag.
15 ma gcig lab sgron, 1105-1149, grande fondatrice de la tradition de la pratique du Chö (gcod, lit. « couper »). Voir Machik's
Complete Explanation: Clarifying the Meaning of Chöd de Sarah Harding (Snow Lion Publications, 2003) et Machig Labdrön and the
Foundations of Chöd de Jérôme Edou (Snow Lion Publications, 1996).
16 Monastère affilié à Tsurphu, situé à Nangchen, dans le Kham.
17 Un pèlerinage de  prosternations complètes est une pratique traditionnelle de dévotion des pèlerins bouddhistes tibétains
pour parcourir leur itinéraire, souvent sur de longues distances. Le pèlerin couvre la route de son corps par des prosternations
complètes, c’est-à-dire en effectuant une prosternation à partir du point atteint par les mains tendues à terre au cours de sa
dernière prosternation et répétant le processus jusqu’à ce qu’il atteigne sa destination.
18 sGrub dpon bstan ’dzin rin po che.
19 Le Mahāmudrā, d’autre part, comprend « Le chemin de la libération ».
20 lva ba sgrub phug.
21 bLama rab 'byor
22 gsang thig snying po, cycle de terma du grand révélateur de trésor, Chokgyur Lingpa (mchog gyur gling pa, 1829-1870).
23 Tölung (stod lung, lit. « la vallée supérieure ») est une référence de localisation pour le monastère de Tsurphu (mTshur phu),
Tölung Dechen Dzong (sTod lung bde chen rdzong), « Forteresse de grande félicité de la vallée supérieure ».
24 skyid mo phug.
25 « Grand Répa » fait référence à Tashi Paljor (bKra shis dpal ’byor, 1457- 1525), première incarnation de Sangye Nyenpa (Sangs
gyas mnyan pa) et principal gourou du huitième Karmapa, Mikyö Dorje.
26 nam mkha’i bcud len.
27 bsil ba tshal, célèbre charnier dans la province actuelle du Bihar en Inde.
28 sByin mdo mgon à sNye mo et sGrol ma phug.
29 bDe chen zhing sgrub.
30 Khu sgom chos kyi seng ge.
31 Thang stong rgyal po, 1361-1485, adepte très célèbre de la méditation, ingénieur et artiste. Voir King of the Empty Plain: The
Tibetan Iron Bridge Builder Tangtong Gyalpo de Cyrus Stearns (Snow Lion Publications, 2007).
32 Les quatre grands sites sacrés sont les sites de la naissance, de l’illumination, du premier tour de roue du dharma et du
passage dans le parinirvāńa du bouddha, correspondant dans cet ordre à Lumbini, Bodhgaya, Varanasi et Kushinagar.
33 sNye mo ba, aussi connu sous le nom de Nyemowa Samten Phuntsok (sNye mo ba bsam gtan phun tshogs), est un maître de la
tradition Drikung Kagyü (The Life of Shabkar: the Autobiography of a Tibetan Yogin, traduit par Matthieu Ricard, Snow Lion
Publications, 2001, p. 346, n. 65.)
34 Les cinq sujets des sūtra sont l’éthique bouddhique (Vinaya), l’Abhidharma, la Cognition Valide, la Prajnaparamita et la Voie
du Milieu. Pour plus de renseignements sur les trois sujets des tantra et les cinq sujets des sūtra, voir la note 39 ci-dessous.
35 sMyo shul mkhan rin po che, 1931-1999, l’un des plus grands maîtres Dzogchen du XXe siècle.
36 On trouvera la liste de ces 13 textes, qui a été dressée par Rigpa Shedra
(www.rigpawiki.org) à la page : http://bit.ly/13texts.
37 On trouvera la liste de ces 18 textes à la note 469 du livre de Cyrus Stearns intitulé Dhaging the Result as the Path: Core
Teachings of the Sakya Lamdré Tradition, Wisdom Publications, 2006 (p. 661), ainsi que dans Google Livres à l’adresse
http://bit.ly/18texts.
38 Voir la note 34.
39 Les huit grands textes des sutra et des tantra sont en fait huit ensembles de textes racines et commentaires. Il y a cinq
sujets sutriques et trois sujets tantriques.
Les cinq sujets soûtriques :
- le texte racine pour le Vinaya est le Résumé du Vinaya (Vinayasūtra, 'Dul ba mdo) de Gunaprabha; le commentaire principal
utilisé est Orb of the Sun (Nyi ma'i dkyil 'khor) écrit par le 8e Karmapa, Mikyö Dorje ;
-Le texte racine pour l'Abhidharma est le Trésor de l’Abhidharma (Abhidharmakosa, pa la mdzod de Chos) de Vasubandhu; le
commentaire principal utilisé est Extraire les délices d'accomplissement et félicité (Grub bde dpyid 'jo) du huitième Karmapa,
Mikyö Dorje ;
- Le texte racine pour la Prajnaparamita est L'ornement de la claire réalisation (Abhisamayālaṃkāra, mngon rtogs rgyan) de
Maitreya et Asanga; le commentaire principal utilisé est S’en remettre aux Êtres nobles (Rje btsun gso ngal) du huitième
Karmapa, Mikyö Dorje ;
-Le texte racine de la Voie du Milieu est L'entrée de la Voie du Milieu (Madhyamakāvatāra, dBu ma la 'jug pa) de Tchandrakirti;
le commentaire principal utilisé est Le chariot des siddhas de la lignée Takpo Kagyu (Dvags brgyud grub pa'i shing rta) du
huitième Karmapa, Mikyö Dorje;
-Les textes racines pour l’étude de la Cognition Valide sont les Sept traités sur la Cognition Valide (tshad ma sde bdun) de
Dharmakirti (le texte principal parmi les sept est le Commentaire sur la Cognition Valide ( Pramaṇavarttika, tshad ma rnam 'grel)
et le Compendium de la Cognition Valide (Pramaṇasamuccaya, tshad ma kun BTU) de Dignaga; le commentaire principal utilisé
est l'Océan de textes sur le raisonnement (Rigs gzhung rgya mtsho), œuvre réunissant les commentaires de ces huit textes du
septième Karmapa, Chödrak Gyamtso.
Les trois sujets tantriques :
- Le Traité sur la nature de Bouddha (Uttaratantra, rGyud bla ma) de Maitreya et Asanga et son commentaire principal, Le
rugissement irréversible du Lion (Mi blzog seng ge'i nga ro), de Jamgön Kongtrul Lodreu Thayé;
-Tantra Hevajra (brTag gnyis) du Bouddha Shakyamuni et son commentaire principal, Élucider le secret Indestructible (gZhom med
rdo rje'i gsang ba 'pa byed), de Jamgön Kongtrul Lodreu Thayé ;
-La réalité intérieure profonde (Zab mo nang don) du troisième Karmapa, Rangjung Dorje, avec le commentaire de l'auteur, ainsi
que d'un commentaire principal de Jamgön Kongtrul Lodreu Thayé appelé Illuminer la réalité profonde (Zab don snang byed).



Ceci est un conte de libération qui montre exactement
Comment le pur renoncement du Hinayana,
La compassion et la bodhicitta du Mahayana,
Et la perspective adamantine et sans distorsion du Vajrayana
Peuvent être appliquées à notre esprit.
Rien d’autre que la foi et la dévotion du
chemin ne font réaliser
La luminosité du corps éveillé,
Avec ses dignes signes et marques,
La mélodie de la parole éveillée,
Qui comme le luth, résonne du son naturel de la dharmata,
Et la sphère de l’esprit éveillé,
Avec sa sagesse originelle sans tache.
Comment pourraient-elles être connues d’une quelconque autre
manière?
Allant bien loin au-delà de l’espoir, de la peur et des schémas
conceptuels,
Dans toutes mes vies, puissè-je être guidé par le gourou
sans pair,
Et ainsi rapidement atteindre l’état suprême de
Vajradhara.

Néanmoins, je n'osais pas refuser la commande du seigneur des vainqueurs, le glorieux Karmapa Orgyène Drodul Trinlai  
Dordje, qui me demandait de compiler ce volume. De plus, en 1993, j'avais eu la bonne fortune de retranscrire, sous sa  
dictée, une grande partie de l'autobiographie du gourou, Vajradhara. Ce qui suit sera donc un compte-rendu de son histoire  
de vie, au niveau extérieur des apparences communes.
L'autobiographie raconte :
-Quand j'eus rejoint ma mère et ma soeur, autant la colère que la peur m'avaient quitté, et je me sentais joyeux à nouveau. Même si à  
l'époque, je ne m'en rendais pas compte, aujourd'hui, après y avoir profondément réfléchi, je vois que colère, peur, et même bonne  
humeur, étaient simplement des contingences de mes pensées.
On voit d'après cela comment rimpoche sut tirer profit des circonstances, intégrant ses émotions au Chemin, en les  
changeant en conditions positives.

Le pèlerinage, commencé au Kham, prit la direction du monastère de Jang Tana (7) siège du protecteur des êtres, Sangyai  
Yelpa (8).
Il visita aussi les sites sacrés de la région de Yarlung, y compris Yumbu Lakhar, le premier palais du seigneur Nyatri Tsenpa,  
premier roi du Tibet ; Yarlung Sheldrak, une grotte de pratique de Gourou Padmasambhava ; et le sanctuaire de Tara dans le  
temple de Thadul (9).
Environ une fois par semaine, une fois que rimpoche eut achevé une période de pratique intensive, il faisait une offrande de  
réalisation (rtog 'bul) au gourou, dont il recevait des instructions de pointage supplémentaires et des méthodes pour se rendre  
net de tout obstacle et améliorer sa méditation. De cette manière, il reçut sous leur forme intégrale toutes les méthodes et  
instructions coutumières à la lignée kagyu.
5 La pérégrination parmi les lieux retirés et les charniers ;
Suivant les instructions du maître de retraite lama Sangyai, rimpoche étudia la cognition valide dans l'environnement d'une   
retraite de pratique. Rimpoche dira plus tard que ceci se révéla une forme auspicieuse de service rendu aux enseignements  
de la lignée de pratique.  
Une fois encore, rimpoche retourna auprès du vénérable Lama Zotar pour quelques mois. Durant ce laps de temps, Lama  
Zotar mit à l'épreuve sa réalisation de la nature de l'esprit authentique, inexprimable, et l'éclaira sur ses derniers doutes.  
Rimpoche développa la ferme résolution de pérégriner de grotte de retraite en grotte de retraite, sans aucun attachement à  
ses préférences personnelles, et fit des prières d'aspiration répétées pour que ceci advienne.
Entrant en retraite de trois ans, il commencça par compléter celle-ci au monastère de Dilyak. Ensuite il pratiqua pour de longues périodes dans les grottes de vallées sous-peuplées, comme Yoptok. Le vénérable lama Zotar me parla à plusieurs reprises des signes merveilleux et miraculeux qui s'élevèrent dans la pratique de Drupön Tenzinn durant cette période. A nouveau, Drupön Tenzinn retourna au monastère de Dillyak, où il servit comme maître de retraite (drupön = sdrup dpon). Parmi les nombreux yogis au libre-agir, qu'il guida, l'un des plus avancés était Lama Zotar. Après avoir rendu service à deux reprises comme maître de retraite, Drupön Tenzinn rimpoche alla en pèlerinage dans le style d'un yogi de libre-agir, visitant tous les sites majeurs sacrés du Tibet, inclus le Mont Kaïlash. Il termina son pèlerinage par le glorieux Tölung Tsurphu. Le seigneur des vainqueurs, Karmapa, sachant que Drupön Tenzinn possèdait les transmissions suprêmes du Mahamudra et les Six Dharmas, en requit et reçut les instructions orales ainsi que d'autres enseignements. Le Karmapa le pria de resta en résidence permanente à Tsurphu, et ainsi fit-il. [...]Bien qu'il se trouva dans la position rare d'être l'enseignant qui avait offert les profondes instructions des Six Dharmas au seigneur des vainqueurs, le glorieux Karmapa, Rangdjung Dordje, il évitait tout air de grandeur et s'en tenait aux manières d'un yogi au libre-agir.
L'autobiographie se poursuit par l'élucidation sous la forme d'un chant de réalisation étendu, par rimpoche, de l'intention de sagesse de ces trois lignes d'instructions de pointage du seigneur des vainqueurs.

C'est aussi durant cette période que rimpoche rencontra Drupön Tenzinn rimpoche. Suivant une partie de l'histoire de vie de celui-ci, l'autobiographie établit les points suivants :
"Qu'est l'essence de ton esprit?" me demanda t'il sitôt introduit..
Sur le champ mon esprit devint libre de pensées, et, pour un bref moment, je ne sus plus parler. Enfin, je répondis : "Quand  
j'analyse mon esprit, je ne peux le trouver, mais, au repos, il es clarté."
Karmapa rit, dit : "Et oui, c'est cela.  
                           Tous les objets sont apparence-vacuité inséparables.  
                           Tous les état mentaux sont clarté-vacuité inséparables.  
                           Tous les ressentis sont félicité-vacuité inséparables.  
C'est ainsi qu'ils sont réellement ; identifies les en tant que tels."
Pendant un moment, par la grâce de mon gourou, mon esprit à nouveau fut libre des pensées et je restais assis en silence. Il  
me fixa, puis rajouta: "Pratique ceci dans une grotte."
Je retournais dans ma grotte de pratique encore une fois, réfléchissant sur le sens de ces mots de manière répétée. J'acquis  
la conviction qu'aussi brefs fussent-ils, ils possédaient un sens vaste et profond. Contemplant depuis le jour où je les ai  
reçues, ces profondes instructions orales jusqu'à aujourd'hui, j'ai fini par comprendre qu'elles contenaient les profonds  
points de vue essentiels de la vue de tous les soûtras et tantras.
Dans son autobiographie, il raconte :
De Drupön Tenzinn rimpoche, sur le mode d'une transmission d'expérience, rimpoche reçut, d'une manière parfaitement  
complète, les profondes instructions-guides du Chemin de la méthode, les Six Dharmas de Naropa. Les Six Dharmas sont  
l'essence des enseignements du glorieux Naropa, sur le profond stage de complétion de la plus haute classe de tantra du  
mantra secret. Ils étaient aussi la pratique principale du seigneur Naropa. Après avoir reçu la transmission, rimpoche mena à  
terme leur pratique, en s'y adonnant jour et nuit sans pause, dans la grotte de pratique de Gyelwa Gangpa.

Puis, il traversa le pont en fer construit par le siddha Thangtong Gyalpo (31). Il pratiqua ensuite dans une grande maison abandonnée à Jako, ainsi que dans les trois charniers de Nyangpo, Khashor Shawari Gong et Kargung. Sur tous ces sites, rimpoche s’appliquait à rechercher la citadelle du Chö. De nombreuses expériences déchirantes et miraculeuses s'ensuivirent. Rimpoche transforma toutes celles-ci en aides à l'enrichissement de sa pratique. Ces expériences, de plus, rendirent manifeste la prajna qui réalise l’absence de soi, la vraie nature de la réalité. La dextérité de ses réalisations allant croissante, il prit le dessus sur les apparences fallacieuses.
Je supplie les gourous de la lignée du Chö,
Je supplie Machik Lab Kyi Drön,
Je supplie Kugom Chökyi Senge :
Bénissez-moi afin que mon attachement aux activités de cette vie,
Les apparences trompeuses des tendances habituelles,
Soient inversées en leurs profondeurs.
Ayant terminé cette retraite, il demeura pour les quelques semaines suivantes, tel que lui en faisait l'injonction son gourou, dans le charnier de Tsurphu, mais cette fois-ci, il resta à proximité d’un gros rocher dans le dépositoire, où il érigea une tente à partir de lambeaux de vêtements ôtés aux cadavres pour sa toile, attachés ensemble avec la corde servant à les ligoter. Dans cet environnement, Rimpoché pratiqua l’authentique dharma du Chö qui coupe à travers les illusions de Mara, nuit et jour sans interruption. Il coupa la racine de la fixation sur un soi et d’excellents signes d’expérience se manifestèrent dans son esprit. Il accomplit aussi le ganachakra de la profonde conduite yogique. À cause de tout cela, la population en vint à le surnommer avec naturel, 'l’homme du charnier' ou 'le lama du charnier'. De cette façon et d'autres encore, l’héritage de Rimpoche était similaire aux histoires de vies des siddhas d’antan. En ce temps là, un groupe de nonnes du monastère de Jindo à Nyemo et de Drolma Pouk (28) était arrivé à Tsurphu où elles rencontrèrent rimpoche pour la première fois. Bien qu’elles l'aient invité à Nyemo, celui-ci refusa leur requête.
Quelque temps plus tard, avec la permission de Drupön Tenzin rimpoche, rimpoche décida d’entreprendre un pèlerinage en la noble terre de l’Inde. La première place qu’il visita après son départ de Tsurphu fut Nyemo, l’endroit même où se situait le monastère de Jindo. Cependant, il n’entra pas dans le monastère proprement dit ; au lieu de ceci, il resta pendant trois jours dans le charnier à proximité.
Selon le commandement de Drupön Tenzin Rimpoche, Rimpoche passa sept nuits dans le charnier de Tsurphu dont on dit qu'il est identique en caractère au Charnier Sitavana (27). Durant la nuit, Rimpoche s’immergeait secrètement dans les pratiques du Chö, méditation analytique sur les deux types de non-soi, les yogas de bonté aimante, compassion et autres méditations. Durant le jour, dans sa grotte de pratique, il s’engageait dans l’écoute, la contemplation et la méditation basées sur la vie de Machik Labdrön.
Rimpoche ayant ainsi excellemment reçu inititations mûrissantes et instructions libérantes, s'en retourna dans son pays  
natal.  
Le maître suivant auquel rimpoche se relia était le vénérable Lama Zopa Tharchinne (13).
La première fois que rimpoche en entendit le nom et parler de sa réputation de vivre seulement dans des grottes, se  
comportant en yogi au libre-agir, tout comme Milarépa, libre de la nourriture, la richesse, et les possessions, sa foi s'éleva et  
rimpoche se mit en route pour Khampe Dordje Drak (14).
L'autobiographie dit :
Rimpoche naquit en 1935 (l'année de la truie de bois du XVIème cycle élémentaire) dans une aire renommée sous le nom de 
1 Gomde Nangchen (click).
En collaboration avec la Digital Librairy de KTGR
Traductions
Chants
Oeuvres (contribuer)
Accueil
Quand je naquis, je naquis seul.
Quand je mourrai, je mourrai seul, pour sûr.
Sachant cela, je trouve mon bonheur à errer entre ces deux stages, aux lieux déserts,
Solitaire, cherchant la voie de la libération.
KHENPO TSULTRIM GYAMTSO RIMPOCHE
Khenchen Tsultrim Gyamtso rimpoche, aussi connu sous le nom de Dechen Rangdrol, est un érudit en les soûtras, les  
tantras, et tous les champs de connaissance majeurs et mineurs. La manifestation de son accomplissement est parfaite et  
complète, tant en expérience qu'en réalisation. Il est renommé dans le monde entier, de l'orient à l'occident. Un ignorant,  
être ordinaire comme moi ne se serait jamais senti capable d'écrire une biographie juste et détaillée de la totalité des actes  
de ce gourou, Vajradhara, avec son point de vue externe, interne et secret.
    Cette histoire de vie s'ordonne, comme sa grande biographie, en sept sections :
1 Prenant naissance en ce monde
  

Quand je naquis, je naquis seul.
   Quand je mourrai, je mourrai seul, pour sûr.
   Sachant cela, je trouve mon bonheur à errer
Entre ces deux stages, aux lieux déserts,
   Solitaire, cherchant la voie de la libération.
2 Impermanence et changement
Une autre qualité étonnante de rimpoche, à cet âge précoce, était son aptitude à se rappeler ses vies passées, ce dont il  
parle dans son autobiographie :
On a coutume de dire qu'il y a des enfants qui se rappellent leurs vies passées - ce à quoi s'ajouterait la possession de  
pouvoirs supra-cognitifs - mais qu'ils oublient celles-ci gradutellement. J'ai en ai acquis la certitude par ma propre  
expérience.[...] De plus, il m'arrivait quelque fois de voir des falaises avec leurs grottes, et de me dire à moi-même : "Il  
faudrait que je pratique là, dans le futur." A d'autres moments,si je remarquais un bout de terrain agréable au sommet d'une  
falaise, je me disais : "Plus tard, il faudra que je construise une maison de retraite ici". J'avais fréquemment ce genre de  
pensées. Je crois qu'elles apparaissaient du fait de empreintes laissées par mes méditations de jadis dans des grottes ou  
parce ce qu'elles étaient des signes annonçant mes futures entraînements en retraite.
Il est donc évident que rimpoche, dès sa prime jeunesse, était un être hautement évolué, qui avait, éveillé en lui, en grande  
partie, son potentiel illuminé.Nonobstant, ses comportements restaient variés, du point de vue du monde profane : avec ceux  
de ses amis qui aimaient le dharma, il jouait à des jeux comme celui d'imiter la récitation des liturgies. Mais avec ses amis  
polissons, il en faisait autant qu'eux, jetant des pierres aux oiseaux, etc. Un jour, il atteint un petit volatile et le blessa  
léthalement. Il le tînt dans ses mains jusqu'à ce que la chaleur ait quitté son corps. Prenant conscience de ce qu'il avait fait  
à cette créature, envahi de compassion, il se mit à pleurer.
Dans sn autobiographie, il relate comment, par cet évènement, ses amis mal venus éveillèrent chez lui ses tendances  
karmiques à la grande compassion, renforçant sa prédisposition à la vertu.
L'autobiographie dit :
En général, le peuple du Kham aime aller en pèlerinage aux sites consacrés.J'ai apprécié les pèlerinages depuis mon enfance.  

Rimpoche accepta de nombreuses épreuves en allant par deux fois en pèlerinage à deux stages [précoces de sa vie].
Lors du premier, sa jeune soeur et lui furent conduits par leur mère dans un périple à travers le Tibet. Suivant la tradition  
des pélerins du Tibet oriental, la famille s'était chargée à bloc d'immenses sacs de provisions, literie, etc., avant de prendre  
le cap du Tibet central depuis Nangchen. Un jour où elle avait à franchir une passe de haute montagne particulièrement  
raide, rimpoche, fatigué, en colère, se mit à tracer seul son chemin, abordant la pente par un chemin différent, jusqu'à ce  
qu'il arrive à un certain éloignement de sa mère et sa soeur.
Juste à ce moment, il entendit sa mère lui crier :
- Un ours brun arrive ! Reviens vite

Sautant, dégringolant, rimpoche se rua rejoindre sa famille. En fait,sa senstion de peur avait été tellement vivace qu'il en  
avait oublié même sa pesante charge.
Je pense qu'à ce moment, les tendances karmiques nées d'une culture poursuivie de la compassion dans les vies  
précédentes, furent réveillées chez moi.
3 pèlerinage aux sites sacrés de retraite
Là, il vit les statues à l'éblouissante beauté de Gesar de Ling, sa femme Durkmo, et ses trente chevaliers. Il fit des prières  
d'aspiration en présence de rares objets d'art sacrés aux les sources de la tradition : lances, flèches, et épées des guerriers  
de Ling.
Dans son avancée à travers les terres du Tibet du sud, Chudo, Powo, rimpoche visita Kongpo Bönri [la Montagne bön du  
Kongpo), un sommet renommé consacré par la tradition Bön. Ensuite, il alla à Takhla Gampo, le siège du seigneur du  
Dharma, Gampopa. Il visita aussi des sites sacrés bénis des Karmapas. A chacune de ces places, sa visite prenait la forme  
d'une grande circumambulation dans le sens des aiguilles d'une montre.
Puis rimpoche visita le monastère de Samye, "le temple inchangeant spontanément apparu", qui avait été construit grâce aux  
efforts conjoints de Padmasambhava, le Maître d'Uddiyana, de Trisong Detsen, le roi dharmique et de Shantarakshita, le  
grand abbé. Rimpoche fit des offrandes au temple et aux ailes de celui-ci représentant les quatre continents et leurs  
subcontinents.
Ce que ma mère et ma soeur ressentirent à moment-là, je n'en sais rien, mais, pour ce qui me concerne, j'étais affamé, et ça  
arrivait juste au moment où on allait manger. J'étais terriblement contrarié. Quand j'y pense aujourd'hui, le sentiment qui s'est  
élevé en moi à cet instant n'était pas difféent de celui d'un riche souffrant d'avoir perdu tous ses biens.
De Samye, rimpoche franchit la passe de la montagne de Gökar et parvint à Lhasa.
Au cours de ce voyage, rimpoche et sa famille avaient épuisé leurs provisions de bouche ; aussi demandaient-ils l'aumône. Un  
jour, alors qu'ils avaient juste reçu assez de tsampa pour un petit-déjeuner et que la mère de rimpoche avait en main le petit  
sac la contenant, soudainement, surgi de nulle part, un petit chien le lui arracha des mains la tsampa et éparpilla son  
contenu sur le sol. Rimpoche relate ce souvenir dans son autobiographie :
Il donna aussi par la suite des instructions de dharma en lien avec l'évènement et sous une forme versifiée :
Roi dépossédé de son royaume ou mendiant de sa nourriture,  
De cela, je suis sûr : la souffrance que votre esprit endure sera la même.[...]
Quand vous réfléchissez à combien la souffrance de l'attachement, sans changer, va longtemps persister,  
Même si vous avez beaucoup de plaisirs,  
Vous comprenez que la souffrance de ce malheureux est momentanée
Et votre compassion pour les gens riches qui s'attachent à une existence réelle, augmente.
RImpoche termina son tour de Lhasa en visitant les sites les plus sacrés de la ville. Après avoir quitté la ville, il prit pour  
chemin de retour une boucle nord-sud. De cette manière, ce chemin encerclait tous les sites en une vaste circumambulation  
dans le sens des aiguilles d'une montre. En redescendant du nord, il fit une expérience insolite qu'il décrit ainsi dans son  
autobiographie :
Ce fut comme un rêve, et pourtant, en même temps, j'entendais en vrai les bruits accompagnant la présence d'un ours, et  
c'était comme si je pouvais effectivement sentir la présence de l'animal. C'était complètement terrifiant. Quand j'examine cette  
expérience maintenant, je peux voir que ce n'était rien d'autre que l'apparition claire d'un aspect de mon esprit, celui qui avait  
été habitué à la peur. Je peux voir avec une grande certitude que le même principe s'applique aux méditations sur l'absence  
de soi, la vacuité, les déités et mandalas du vajrayana : en cultivant la familiartié avec celles-ci, les apparences claires  
associées à ces réalités augmenteront.
RImpoche offre alors ces instructions sous forme de vers:
En s'habituant soi-même à la peur et à la colère,  
Les apparences claires de celles-ci prendront vraiment de la puissance.  
Voyant cela, vous pouvez renverser la situation :
Par l'habitude, vous pouvez définitivement développer des manifestations claires
De la vacuité, des déités, mandalas, et ainsi de suite. [...]
Difficile, est-il dit, de rendre à des parents leur gentillesse,  
Mais il est encore plus difficile de rendre à des parents
La gentillesse qu'ils ont eue en nous introduisant au dharma.  
Avec ceci à l'esprit, je fais la prière que tous les êtres, nos mères,  
Puissent achever l'Éveil.
Enfin, rimpoche retourna sans difficultés dans sa mère-patrie.
Le seigneur et gourou avait dix-sept ans quand il entretprit son second voyage au Tibet et, cette fois, il voyagea en compagnie  
de l'un de ses frères et d'une de ses soeurs. Ils prirent la route "moyenne" vers le nord, finalement orientée sur Lhasa.  
L'autobiographie dit :
Quand nous nous mîmes au début en route, nous avions à porter beaucoup de choses avec nous, nourriture - de la viande,  
du beurre et de la tsampa - et literie. Ceci rendait nos sacs extrêmement lourds. Aussi expérimentâmes- nous trois stades  
de souffrance: au début, la souffrance d'avoir à porter la nourriture, qui était difficile à déplacer. Au milieu, il y eut la  
souffrance de savoir que notre nourriture s'amoindrissait. Et, finalement, la souffrance de ne plus avoir de nourriture du  
tout. Des trois, la souffrance d'avoir à porter une charge complète de nourriture était la pire, car cela avait deux revers : les  
lourdes provisisons ne se déplaçaient pas facilement, et nous nous inquiétions constamment de savoir qu'elle pouvait être  
volée par des bandits et autres brigands, ou se perdre.
Rimpoche offrit à ce moment ce vers en guise d'instruction:
Kye ma, tourbillonnant dans l'existence où l'on est fixé sur un 'moi',
Il n'y a pas d'autre choix que de dépendre de la nourriture et des possessions.
Mais, contemplant la souffrance d'amasser et de perdre,  
Un grand enthousiasme nait pour la manière du yogi, libre de l'agir, libre d'une fixation.
Rimpoche poursuivit son pèlerinage à Lhasa, visitant des sites sacrés tels Samye et faisant des offrandes et des prières  
d'aspiration, comme précédemment. Afin de voir les endroits où le premier peuple tibétain avait vécu, rimpoche s'organisa  
pour visiter les pays sacrés du Yarlung. Pour s'y rendre, il fut obligé de traverser un affluent tributaire mineur du  
Brahmapoutre à Thsetang. Alors qu'il était parvenu au milieu de la rivière, le niveau de l'eau s'éleva dramatiquement.  
Soudainement, rimpoche se trouva sur le point d'être complètement submergé. A ce moment, il fut directement protégé par le  
yidam, Arya Tara. Son autobiographie dit :
Rimpoche chanta ce vers d'instruction:
Consécutivement à un expérience de souffrance difficile à supporter,
Je devins plus heureux et alerte que jamais auparavant.
Bonheur et souffrance changent l'un et l'autre : ils sont impermanents.
Ne laisse pas l'attachement à la permanence leurrer ton esprit.
4 Où les conditions adverses deviennent des aides, et la diligence une pratique ;
De huit à dix-neuf ans, rimpoche s'en remit à la Noble Tara comme yidam personnel, et s'engagea dans sa pratique. De  
nombreux signes d'accomplissement s'élevèrent au cours de celle-ci, tels que le rêve répété d'une belle femme attirante qui  
le protégeait de la peur. Depuis cette époque incluse, le seigneur gourou conserva la Noble Tara comme sa déité tutélaire  
principale en terme de pratique maintenue dans la continuité. Il découvrit le Trésor-de-l'esprit d'une supplication à Tara  
accomagnée d'une louange qui décrit comment elle protège des huit sortes de peurs et des seize sortes de peurs. Il créa une  
danse de vajra pour aller avec ces dernières prières, chants et danses que ses disciples pratiquent encore aujourd'hui.
L'autobiographie partage ceci :
C'est de ce gourou, à cet endroit, que rimpoche reçut les instructions du Mahamudra, le Grand Sceau. En ayant complété les  
préliminaires externes et ordinaires, intérieures, extraordinaires et ses quatre préliminaires spéciaux, rimpoche reçut les  
explications du profond chemin du Mahamudra qui tranche à travers les élaborations conceptuelles. Il ne s'agissait pas  
seulement de leçons basées sur des textes mais des transmissions profondes, entre individus, données sur le mode oral du  
pragmatisme le plus direct (dmar khrid).
Ecoutant l'injonction de son gourou, rimpoche se mit ensuite en route pour le monastère de Dilyak, afin de rencontrer son  
maître de retraite, Lama Sangyai Punntsok. A cette époque, il vit aussi Khenpo Tsegyam, qui demeurait en compagnie de  
Lama Sangyai Punntsok, au centre, et Karma Trinlai rimpoche. Celui-ci, avec sa suite, était venu en visite.  
Lama Sangyai rimpoche fit remarquer à rimpoche et aux autres religieux présents que, bien que les kagyupas aient une forte  
tradition de pratique, peu d'entre eux étaient formés au topique de la cognition valide (c. à d. la logique et l'épistémologie  
bouddhiste). Dans le futur, expliqua t-il, la lignée kagyu retirerait un grand bénéfice de l'étude en profondeur des  
enseignements sur la cognition valide.  
Lama Sangyai donna donc l'instruction à rimpoche d'apprendre la cognition valide auprès de Khenpo Tsegyam, accompagnée  
de l'initiation de Manjushri, le Lion du verbe, initiant par là même la tradition d'étudier la cognition valide dans les centres  
de pratique en retraite.

Ainsi pratiquais-je, sur l'injonction de mon gourou,
Dans une cave vide, isolée,
Béni du mahasiddha Lawapa.
Maintenant, bien qye ma jeunesse se soit enfuie
Ma félicité augmente.

A Tsurphu, de concert avec l'assemblée de nombreux fidèles, rimpoche assista à l'accomplissement par le Karmapa de la  
cérémonie de la Précieuse Coiffe noire, qui libère par sa vue.
L'autobiographie dit :
J'ai toujous eu le sentiment que cette coiffe symbolique est quelque chose que le karmapa utilise pour ceux de ses disciples  
qui n'ont pas la capacité de de voir sa coiffe de sagesse naturellement apparue. C'est un karmapa seul, quelque soit sa  
réincarnation, qui est capable de produire une coiffe [telle que ll'exemplarise celle] de nature symbolique.
Grâce aux instructions orales du bon gourou,
Qui est inséparable de Vajradhara,
Je mange la nourriture de l'espace vide ;
Je m'assied sur le siège du sol vide.

Plaçant ma confiance dans les falaises et les rocs,
Je n'ai besoin ni d'oreiller ni de pyjama :
Par la grâce des siddhas ancestraux,
Je ne suis pas troublé par les pensées sur le passé ;
Je ne pense pas aux problèmes du futur.

Je sais comment demeurer dans la lumineuse présence elle-même,
Naturellement installé, et détendu.
Sa gentillesse est telle qu'on ne peut en retourner une semblable au gourou.
Aussi, je fais cette prière d'aspiration :
Puissè-je au cours de mes naissances et de mes vies
Parfaitement exaucer les souhaits du gourou.
Puissè-je bénéficier les êtres et les enseignements,
Et puissent les bons signes abonder
Qui annonçent que les deux bénéfices seront accomplis!
Suivant les instructions du seizième Karmapa et sur une profonde inspiration de la reine du Bhoutan, Phuntsok Chödrön, rimpoche partit dans ce pays séjourner quelques années à Kunga Rabten et à Bumthang. À ces endroits, la portée de ses activités bienfaisantes s’étendit à de nombreux étudiants dévoués. En 1968, dans un lieu isolé et magnifique, au sommet d'une montagne à Kunga Rabten Dzong, il fonda une nonnerie nommée Karma Drubde Gon, complète avec la présence des représentations des trois joyaux. Il y installa les treize nonnes qui avaient voyagé avec lui depuis Nyemo, avec toutes les facilités nécessaires en retraite de trois ans, dans un centre sur site et les guida avec soin dans leur pratique.