Chants anciens et modernes de la tradition kagyupa

Yogi Cœur léger

Yogi, tu as le cœur léger,
Toi qui obtins un jour raison,
Bandit d'un trou noir échappé,
D’une terre natale, cette prison !

Yogi tu as le cœur léger,
Pur-sang rendu à sa passion.
Ton esprit libre est dégagé
Des étroites compréhensions !

Yogi tu as le cœur léger,
Tel un daim blessé dans sa chair,
Mais à couvert, hors de danger,
Tu restes enfin solitaire.

Yogi tu as le cœur léger,
Comme l’aigle dont l’aile trace dans l’azur,
Son cercle sans jamais déroger,
Tu gardes le cap d'une vue sûre!

Yogi tu as le cœur léger,
Comme l'inobstrué pinacle
Des nuées à l’hyperborée, 
Ton chemin s'ouvre sans obstacles !

Yogi tu as le cœur léger, 
En l’expérience que tu veilles,
Tel son trésor blanc, le berger,
Lumière et vacuité s'éveillent!



Yogi, tu as le cœur léger,
Comme le Mérou au temps qui passe
Et prétend ton mental assiéger,
Ton assise de roc fait face !

Yogi, tu as le cœur léger,
Le grand bruissant fleuve qui avance
Et roule ses lourds flots inchangés,
Est à l’image de cette sapience !

Yogi tu as le cœur léger,
Serein, tranquille comme le gisant,
Au milieu des morts allongés,
Tu ne connais plus rien d’urgent !

Yogi, tu as le cœur léger,
Tu es la galet échoué,
Qu’on a dans les hauts-fonds lâché,
Sans nul besoin de remonter.

Yogi tu as le cœur léger,
Tu es l’aube du petit matin,
Midi et son ciel enflammé,
Ta lumière touche chaque destin !

Yogi tu as le cœur léger,
Comme l’aubier d'arbre de Palmyre,
Tes vies déroulées, ne reste rien,
Tu n’auras plus à revenir,
Tu n’auras plus à revenir.

Ce chant des douze cœurs légers
Est le trésor de beau dharma,
Qu’en don, par vous interrogé,
J’ai composé, oh ! pieuses dames.

Tibetan p 564